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Malgré un attentat meurtrier qui le laisse aveugle et défiguré, Fouad Hassoun pardonne à son bourreau

FOUAD : loin des yeux, près du coeur
Fouad

Author :

Emmanuelle Ollivry

Source :

AED

FOUAD : loin des yeux, près du coeur

Le 22 novembre 2016

Malgré un attentat meurtrier qui le laisse aveugle et défiguré, Fouad Hassoun pardonne à son bourreau. 

 

Beyrouth. 1986.  Fouad est mutilé par 300 kg de TNT. Ce catholique maronite ne verra jamais plus. A seulement 17 ans, ses rêves de devenir chirurgien partent en fumée.

Quand le terroriste responsable de sa cécité est arrêté 3 ans plus tard, cette nouvelle fait la une de tous les journaux et sa victime « a envie de le déchiqueter, de lui arracher le cœur ». Le pardon ? Impossible. « Seul Jean-Paul II en est capable », pense alors le Libanais originaire de Brih. « Moi, je ne peux pas. »

« Envie de le déchiqueter »

Après l’échec de l’opération censée lui rendre la vue, en Suisse, il s’installe en France et entreprend des études supérieures. C’est la phase « cravache » : « J’étais le seul non-voyant de la promo. Je travaillais énormément, n’acceptant que la première place, sans indulgence. Ni pour moi, ni pour les autres. » La rage de vaincre prend toute la place ; il se sent comme enfermé dans son propre cœur.

 

Commencer à aimer

Ironie du sort, « Fouad » signifie « cœur » en arabe. Tout un programme pour cet homme brisé dont la vie va de nouveau changer à la fin des années 80. Alors qu’il crie lui sa détresse dans le sanctuaire de la famille missionnaire Notre-Dame, en Ardèche, c’est un tsunami. Il reçoit la grâce de pardonner. « J’ai commencé à aimer. Sans voir, j’ai retrouvé la lumière. » Ce n’est que le début. Pardonner prend du temps. « Il faut déjà le vouloir, ne rien attendre en échange et se réconcilier avec soi-même, se faire la paix » insiste-t-il, marquant une longue pause derrière ses lunettes noires. Rien n’est jamais acquis. Ces derniers mois, lors des attaques de Paris puis Bruxelles et Nice, « ce que j’ai vécu remonte », reconnaît Fouad. « La peur revient. » Mais la nécessité de la miséricorde aussi.

Dans les années 2000, alors qu’il continue de témoigner de la victoire du bien sur le mal, il apprend que l’auteur de l’attentat de Beyrouth s’est converti au christianisme. « Je voudrais que mon histoire vienne consoler, réparer, apaiser les cœurs brisés. Notre foi n’est pas que sur la croix. Elle est en Jésus ressuscité. »

Emmanuelle Ollivry

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